Accompagnée par une conseillère de la Chambre de commerce et d’industrie d’Auvergne-Rhône-Alpes, l’entreprise Motte Viandes a divisé par deux ses invendus en magasin, réduit de 20 % ses déchets de préparation et diminué de moitié sa consommation de plastique. Cette réussite s’inscrit dans le cadre du Défi anti-gaspi, lancé début 2025 par la CCI de la Région avec le soutien de l’ADEME. Pendant un an, ce programme a suivi des entreprises alimentaires pour réduire concrètement leurs déchets et emballages. Implantée à La Mure (Isère), Motte Viandes figure parmi les lauréats 2025.
20 % de déchets alimentaires en moins
Installée depuis 1980 à La Mure, au cœur de la montagne iséroise, la charcuterie Motte Viandes fabrique murçons et caillettes à partir de produits régionaux. Aujourd’hui, l’entreprise emploie 15 salariés et 70 % de sa production est distribuée en moyenne et grande surface dans la région.
Lauréate du troisième Défi anti-gaspi des CCI d’Auvergne-Rhône-Alpes début 2025, la charcuterie a saisi l’occasion pour intensifier sa lutte contre le gaspillage, déjà amorcée avec le tri de certains plastiques. « Ce qui nous importe, c’est que notre activité impacte le moins possible notre environnement. Nous souhaitions passer à la vitesse supérieure pour réduire encore nos déchets », explique Laurent Jonnet, dirigeant de l’entreprise. Résultat : accompagnée par une conseillère de la CCI, Motte Viandes a réduit de 50 % ses invendus en magasin, de 20 % ses déchets alimentaires de préparation et de 50 % sa consommation de plastique
Trois kilos d’invendus distribués chaque semaine
Au lancement de la démarche, un diagnostic précis, réalisé grâce à des pesées méthodiques, a permis de recenser l’ensemble des flux de déchets de l’entreprise et de réfléchir à une stratégie adaptée. Il a ensuite été suivi d’un accompagnement par une conseillère de la CCI, qui a guidé l’entreprise dans la mise en place de nouvelles pratiques durables sur le long terme. « Le diagnostic a, par exemple, montré que nous avions beaucoup de déchets plastiques comme les films alimentaires. Or, il existe des techniques pour réduire notre consommation de film alimentaire et donc d’économiser près de 5 000 euros par an », détaille Laurent Jonnet. Autre amélioration apportée : la gestion des invendus. « Nous avons mis en place un système de récupération des plats qui approchent de la date de péremption par une épicerie solidaire locale, ce qui représente environ trois kilos de produits non jetés par semaine », se félicite le dirigeant.
Un levier de résilience pour les entreprises
L’ADEME a accompagné le Défi pour la troisième année consécutive, dans le cadre de la convention régionale, signée en 2005, avec la CCI Auvergne-Rhône-Alpes. Ce partenariat ancré dans le temps permet de proposer des opérations collectives pour s’adapter, d’année en année, aux besoins des entreprises en accompagnant leurs dirigeants à un changement de pratiques gagnant-gagnant. Pour l’ADEME, ce Défi est aussi l’occasion d’en apprendre davantage sur la gestion des déchets et des emballages des petits commerces de restauration, et de les aider à mettre en place des actions concrètes pour réduire le gaspillage. « Rappelons un chiffre édifiant : quatre millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année en France, alors qu’un Français sur dix a du mal à se nourrir. La réduction du gaspillage alimentaire n’est pas seulement un sujet environnemental, c’est aussi un formidable levier pour renforcer la résilience des entreprises, valoriser les filières locales et accompagner les acteurs dans des modèles plus sobres et circulaires », souligne Franck Dumaitre, directeur régional de l’ADEME Auvergne-Rhône-Alpes.
Le Défi anti-gaspi en AURA en 2025 c’est :
de déchets organiques valorisés en compost et 6 tonnes en méthanisation.
d’invendus donnés aux associations.
de plastiques et près de 10 tonnes de cartons orientés vers le recyclage.
de gains économiques pour Motte viande, 9 000 € pour l’entreprise Zé comptoir, autre entreprise du Défi 2025.